Le travail, terminé, les courses, faites, le repos est bien mérité. Le soleil rayonne au-dessus du jardin ouvrier de Thomas, dans le quartier de Witikon à Zurich. Les quatre amis Hossein, Ulli, Pete et Thomas ont cuisiné ensemble, tout en riant et parlant travail. Ils s’asseyent et ouvrent une Feldschlösschen. «Boire une bière ensemble, être ensemble: c’est l’ouverture de l’âme», dit Ulli, qui a trouvé son éden sur les collines surplombant Zurich. Cela fait bien dix ans qu’on s’y retrouve dans des configurations qui varient. Tout a commencé quand Ulli et Thomas ont fait connaissance par l’intermédiaire de leurs fils, alors amis. Ce qu’Ulli préfère: «Comme nous venons tous de métiers différents, les conversations ouvrent souvent notre horizon et suscitent la compréhension pour les situations d’autrui.» En Suisse, ce n’est pas sortir le grand jeu qui compte. Ce sont les petits gestes. Ceux que nul ne réclame, mais que tous apprécient. Le temps qu’on va passer ensemble et qu’on n’a pas besoin de planifier à l’avance, parce qu’il va avoir lieu, tout simplement. Parce qu’il rassemble. Se retrouver au jardin ouvrier, par exemple. Ou le sport, la chorale, la fête de quartier, les festivals, les soirées jass et les spectacles de danse. Tout dépend de NOUS! Partout dans le pays, des gens se retrouvent, s’entraident, rient et font la fête ensemble... créant le ciment qui lie notre nation fondée sur la volonté. À la piscine Marzili à Berne aussi, où Matteos Zereit s’accorde un moment d’insouciance avec son cercle d’amis (image du haut). «Souvent, dans notre quotidien, nous marchons les uns à côté des autres, sans interaction; les moments en commun et les rencontres réelles sont plus importants que jamais», dit le jeune homme. Les associations, vecteurs de lien social Pièces maîtresses de notre culture, quelque 100 000 clubs et associations. Sociétés de musique, de tir ou de gymnastique, groupes de yoga, clubs de ski ou de foot, sapeurs-pompiers, associations de quartier... Des groupes qui sont la quintessence de la communauté, à la fois école de vie et douce partie de notre patrie. On y apprend à pratiquer l’esprit d’équipe, on y prend ses responsabilités et cultive des liens d’amitié. Souvent, une vie durant. Ivan Juric sait à quel point ce sentiment d’appartenance peut être enraciné. Pour le directeur sportif du FC Wald, le club de foot est plus qu’un simple point de rencontre pour le sport: «Depuis ma plus tendre enfance, le FC est ancré dans ma vie. Mon père était entraîneur et joueur, plusieurs membres de ma famille sont toujours dans l’association et l’équipe», note ce trentenaire dont l’entourage social, est le FC Wald. «On est toujours là les uns pour les autres et on s’aide mutuellement autant que possible.» Pour lui, toute la force de ce lien ressort «quand les émotions prennent le dessus et qu’on ne peut les cacher, que ce soit joie, souffrance, nervosité ou fierté». Quand l’an dernier, l’équipe d’Ivan Juric a réussi à monter en ligue 2, le succès sportif se doubla du comble de l’émotion. Pour le directeur sportif, pour le village entier, qui a fêté cela dignement (image en bas à g.). «Oh que oui, on s’est accordé quelques Feldschlösschen», rit Ivan Juric. Et de préciser que «depuis des années, un partenariat lie le FC Wald à la marque. Elle est partie intégrante du club, sans elle, il manquerait quelque chose.» À ses yeux, la tablée joviale autour La vie, c’est à l’extérieur, pas sur Internet. En Suisse, la cohésion sociale se décline de mille façons: au sein d’associations ou dans des jardins ouvriers, en passant du temps ensemble après le travail ou en faisant la fête en soirée, chez les sapeurs-pompiers ou comme membres d’organisations caritatives. Le Bernois Matteos résume ce qui unit tout le monde: «Les rencontres réelles et les moments en commun sont plus importants que jamais.» 24
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